Déclaration du Secrétariat International de WILPF sur le Racisme Systémique et la Brutalité Policière

6 June 2020

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Alors que WILPF se consacre à la construction d’un monde pacifique, égal et juste, nous ne pouvons pas garder le silence sur les assassinats ciblés de Noirs, des actes qui sont enracinés et enhardis par la suprématie blanche et le racisme structurel, d’autant plus que les gens sont dans les rues pour réclamer aux personnes ayant une plateforme d’agir.

Sans justice, il ne peut y avoir de paix ou de liberté. Le patriarcat suprémaciste blanc sur lequel les États-Unis ont été fondés a pendant des générations pillé et assassiné des vies noires, des communautés noires et un avenir noir, soutenu par des dirigeants et des institutions.

Les meurtres de #GeorgeFloyd, David McAtee, #BreonnaTaylor, #AhmaudArbery, et des milliers d’autres Noirs ajoutent à ce que les Noirs disent chaque jour : que notre société a peu progressé depuis ses fondements racistes, et que les Noirs continuent d’être quotidiennement privés de leurs droits humains fondamentaux de vivre dans la liberté, la sécurité et la dignité.

Ce système qui déshumanise les Noirs est inextricable des structures et de l’état d’esprit des modèles suprémacistes blancs qui ont imposé l’esclavage, le colonialisme, la guerre, l’invasion, les tests d’armes, les opérations secrètes, le développement de bases militaires et qui ont contribué à la destruction des communautés noires et brunes en Amérique latine, en Afrique et en Asie.

La suprématie blanche est un système mondial de violence investi dans le militarisme. La résistance non violente nécessite de s’opposer à l’oppression sous toutes ses formes, ainsi qu’aux systèmes qui perpétuent la violence structurelle.

Alors que des manifestations éclataient partout aux États-Unis suivant le meurtre de George Floyd aux mains de la police de Minneapolis, les forces de police fortement armées ont sévèrement réprimé la révolte des manifestants. Comme l’a fait remarquer un commentateur le samedi 30 mai, « la police se révolte aux États-Unis ce soir ; elle abat et fauche des manifestants, agresse des journalistes, terrorise des quartiers, et brutalise et arrête en masse des civils sans le moindre scrupule. »

Les États-Unis dépensent environ 100 milliards de dollars par an en services de police et 80 milliards de dollars supplémentaires en incarcération. Au milieu des compressions budgétaires liées à la COVID-19, de nombreuses villes cherchent à couper dans l’éducation, les soins de santé, le logement et d’autres services sociaux tandis que les forces de police restent indemnes. De nombreux services de police dans le pays sont fortement militarisés avec l’équipement et la formation de l’armée américaine.

La militarisation de la police ne mène qu’à une chose : la violence. Comme l’a souligné la directrice du programme de désarmement de WILPF dans un récent article de blogue, il n’y a pas de place pour la militarisation comme moyen de désamorcer le conflit ou de résoudre les griefs. Lorsque les gouvernements et les forces de police décident de s’engager dans cette voie, ils prennent une position active envers la violence.

Nous pouvons le voir clairement maintenant, car la violence policière au cours de la semaine dernière a conduit à des réponses encore plus militarisées aux protestations contre la suprématie blanche et la brutalité policière. Le 1er juin, le président américain a menacé de déployer l’armée américaine contre les manifestants — il s’agissait ici de journalistes, de travailleurs de l’aide juridique et humanitaire, etc., tandis que la police militaire a utilisé des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des grenades incapacitantes contre des manifestations pacifiques près de la Maison Blanche. La police militaire de la Garde nationale américaine, qui a été déployée dans de nombreuses villes, a également servi aux manifestants des séries de balles en caoutchouc, des coups de matraque et des arrestations, aux côtés de la police locale. Veterans for Peace et About Face ont demandé à la Garde nationale et au personnel militaire de refuser l’ordre de déploiement et de se retirer.

Depuis sa fondation en 1915, WILPF a contesté et dénoncé le militarisme. La réponse de plus en plus militarisée et violente du gouvernement américain, de certaines autres autorités étatiques ou locales et des forces de police aux objectifs et aux préoccupations légitimes des citoyens en matière de droits humains est inacceptable.

Comme WILPF l’a exhorté dans sa série de blogues pendant la crise de la COVID-19, un recadrage fondamental de la sécurité, celui qui démonte les structures du capitalisme, du racisme, du militarisme et du patriarcat, est essentiel à la construction d’un avenir équitable de bien-être et de soins pour tous. Cela comprendra, comme les militants noirs l’exigent depuis longtemps, des coupures financières, le désarmement et la démilitarisation de la police ainsi que le démantèlement du système de suprématie blanche.

Télécharger en format PDF la Déclaration du secrétariat international de WILPF sur le racisme systémique et la brutalité policière.